La horde du Contrevent, d'Alain Damasio

By jeudi, novembre 02, 2017

La horde du Contrevent

Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu'un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s'y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d'eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu'en Extrême-Aval ait été formé un bloc d'élite d'une vingtaine d'enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueules, leur vie durant, le vent jusqu'à sa source, à ce jour jamais atteinte : l'Extrême-Amont. Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m'appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l'éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l'azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l'ultime.

Ouvrage paru en 2015 - Support papier - Editions Folio
703 pages


L'avis de Kahlan

On se retrouve aujourd’hui avec la chronique d’un ouvrage qui m’a posé… quelques difficultés, pour le dire gentiment. La horde du Contrevent, d’Alain Damasio, faisait partie de ma wishlist depuis un moment et m’a été offert par Julie lors du swap Livres et thés du début d’année. J’en entendais parler depuis longtemps, comme d’un classique de la science-fiction à côté duquel il ne fallait surtout pas passer, et les notes sur Livraddict étaient tellement bonnes que j’étais convaincue ne prendre aucun risque. Raté !

Pour commencer, j’ai eu beaucoup beaucoup de mal à rentrer dedans et ce pour plusieurs raisons. La première tient au nombre de personnages auquel l’auteur s’attache. Ils sont vingt-trois dans la horde au début de l’histoire et même si chacun d’eux a une fonction bien définie, cela n’en reste pas moins compliqué à intégrer. D’autant plus que les points de vue alternent d’un paragraphe sur l’autre quasiment et que les changements de personnages ne sont signalés que par un malheureux petit symbole dédié à chacun d’eux en début de section. Au secours ! Je bénis les éditions Folio SF d’avoir songé à imprimer la liste des personnages et de leur symbole sur un marque-pages glissé dans le livre sans quoi cela aurait été encore pire !

Autre élément de difficulté, le style de l’auteur, auquel je n’ai pas adhéré. Il maîtrise parfaitement la langue française et en joue en maestro, aucun doute là-dessus. Mais c’est d’une lourdeur… J’avais l’impression d’écouter quelqu’un qui s’écoutait parler ! Cela rend la lecture inutilement compliquée, hachée, avec une perpétuelle impression de surenchère qui finit par agacer. Jusqu’à la construction même du récit autour des différentes formes du vent, que j’ai trouvée confuse et indigeste. L’intrigue en elle-même est assez creuse et redondante, on ne fait que suivre un groupe de personnes qui va d’un point A à un point B en se confrontant aux éléments, finalement. Et le dénouement est vraiment prévisible.

Au final, qu’ai-je aimé dans ce roman ? Pas grand-chose, il faut bien l’avouer. Ce sont les personnages qui m’ont convaincue de l’achever, et j’ai trouvé ces 700 pages bien longues. J’ai beaucoup aimé Sov et Pietro pour leur calme et leur assurance, j’ai été touchée par les filles de la horde, je suis tombée amoureuse de Caracole, et c’est pour connaître leur devenir que je suis allée au bout. Mais quel chemin de croix ! J’ai lu quelque part que c’est un livre qui se contrelit, tout comme la horde contre le vent. C’est exactement l’effet que ça me fait : celui d’une lecture laborieuse et vaine à laquelle je n’ai finalement pris que peu de plaisir. A attaquer en toute connaissance de cause.

Note : ★★☆☆☆
Billet d'origine : eTemporel

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