Tout ce qu'on ne s'est jamais dit, de Céleste Ng

By vendredi, septembre 29, 2017

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit

Lydia est morte. Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l’ignore encore… Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu’elle n’a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d’université d’origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu’il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. Mais le corps de Lydia gît au fond d’un lac. Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l’adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés. Des secrets si longtemps enfouis qu’au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées.

Ouvrage paru en 2017 - Support papier - Editions Pocket
337 pages


L'avis de Kahlan

Une fois n’est pas coutume, c’est de littérature contemporaine que nous allons parler aujourd’hui. Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, de Céleste Ng, est un roman paru en 2016 aux éditions Sonatine, un petit bijou qui a fait couler beaucoup d’encre sur la blogosphère et qui a fatalement fini par attirer mon attention. Il vient de sortir en poche aux éditions Pocket, et j’ai eu la chance d’être sélectionnée par Babelio lors de sa dernière Masse Critique pour le recevoir. J’en suis ravie parce que j’ai beaucoup aimé, vraiment.

Tout ce qu’on ne s’est jamais dit porte bien son titre. C’est l’histoire d’une famille au sein de laquelle les non-dits sont tellement nombreux que les relations en sont complètement faussées. Nous sommes en 1977 avec la famille Lee. Il y a James, le père, Marilyn, la mère, et les trois enfants : Nathan, Lydia et Hannah. Une famille en apparence assez quelconque, sauf que le jour où Lydia, la fille aînée, est retrouvée noyée dans le lac voisin, des tensions vieilles de vingt ans et plus rejaillissent. En effet, James est d’origine chinoise et vit très mal une différence qu’il a transmise à ses enfants. De son côté, Marilyn est américaine mais ce qu’elle vit mal, c’est d’avoir dû renoncer à sa carrière pour élever ses enfants. Entre les deux, lesdits enfants trinquent.

Alors Lydia s’est-elle suicidée ? A-t-elle été assassinée par Jack, le jeune voisin coureur de jupons ? Ou n’était-ce qu’un bête et dramatique accident ? Ce sont les questions auxquelles Céleste Ng s’attache à répondre et avec quel brio ! Elle dépeint cinq personnages hyper attachants, avec des parents meurtris par leurs échecs et des enfants qui en subissent les conséquences de plein fouet. Le ton est juste, la plume incroyable de réalisme, et la découverte de ce drame familial juste fascinante. Le point de vue change sans cesse, d’un chapitre à l’autre ou encore au sein d’un même chapitre, et c’est un melting-pot de sentiments déchirants qu’on nous propose ici.

Autant vous dire qu’en tant que mère d’un adolescent de quinze ans, je me suis sentie d’autant plus concernée. Céleste Ng nous confronte au poids des mots, elle met le doigt là où ça fait mal et nous renvoie à nos propres comportements et à nos responsabilités de parents. On visualise sans mal le drame qui se déroule derrière les fenêtres de cette maison au bord du lac, silencieux mais ô combien violent. Une très belle découverte pour laquelle je remercie infiniment Babelio et les éditions Pocket, et un auteur à suivre de près, assurément.

Note : ★★★★★
Billet d'origine : eTemporel

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