La servante écarlate, de Margaret Atwood

By vendredi, juillet 28, 2017

La servante écarlate

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Ouvrage paru en 2017 - Support numérique - Editions Robert Laffont
544 pages


L'avis de Kahlan

Très honnêtement, je n’avais jamais entendu parler de ce roman jusqu’à tout récemment, quand la presse et les réseaux sociaux se sont enflammés à la fin du mois de juin parce qu’Emma Watson en dissimulait une centaine d’exemplaires dans Paris. Il n’en fallait bien évidemment pas plus pour éveiller ma curiosité de lectrice ! Je me suis donc intéressée à ce que beaucoup appelaient une dystopie féministe, un roman écrit par Margaret Atwood et paru en 1985, ayant fait l’objet d’une série télévisée cette année.

Difficile, en tant que femme, de rester insensible au message que ce livre véhicule, évidemment. Nous sommes aux Etats-Unis, au sein d’une société devenue patriarcale à l’excès suite à un coup d’Etat. Les femmes n’ont plus le droit de travailler, plus le droit d’avoir de compte en banque, elles sont entièrement dépendantes de leur époux. On les appelle d’ailleurs les Épouses. Cela s’appliquent à celles qui sont mariées bien sûr, parce que pour les autres, c’est encore pire : elles deviennent Marthas ou Servantes. Les premières ne sont ni plus ni moins que des domestiques, en charge de l’intérieur des Commandants ; les secondes sont des utérus sur pattes, dont l’unique vocation est de leur faire des enfants.

La servante écarlate est le récit de Defred, une Servante, qui raconte à la fois son quotidien et ses souvenirs du monde d’avant. Solitude, ennui, asservissement, peur et résignation sont ainsi mis en parallèle avec amour, insouciance, liberté et joie de vivre. Ce devrait être un véritable cri du cœur, et il m’a quasiment laissée de glace. Non, pas tout à fait, j’exagère un peu, mais je suis clairement passée à côté. L’écriture est particulière et on comprend le pourquoi du comment à la toute fin du livre, mais c’est quand même dérangeant au cours de la lecture. Le récit n’est pas linéaire, il est émaillé de réflexions et de souvenirs qui tombent comme cheveux sur la soupe.

Quant à l’héroïne, Defred, elle est tellement impersonnelle qu’on a bien du mal à s’identifier. On est obligé de rationnaliser pour reconnaître que certaines scènes sont choquantes et la plaindre, mais affectivement parlant, on ne ressent pas grand-chose. Nos émotions sont en décalage total avec le contenu du roman, et c’est extrêmement dérangeant. On finirait presque par se demander si l’on est bien normal ! Au final, je m’interroge sur l’engouement généré par ce roman. Les gens ne se seraient-ils pas laissé emporter par le message que voulait véhiculer l’auteur, plutôt que par celui qu’elle véhicule réellement ? Je demeure perplexe et un rien sceptique...

Note : ★★☆☆☆
Billet d'origine : eTemporel

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